Sur les traces de Léon Paul VINCE

Bien que n’ayant aucun lien familial direct ou indirect avec ma famille, Léon Paul VINCE occupe une place très important dans la vie de mon arrière grand père Jean Marie PAUL et dans celle de sa famille où l’on en parle encore comme du « capitaine VINCE ».

Cet officier est apparu pour la première fois il y a plusieurs années lors d’une conversation avec mon grand père. Il parlait de lui comme l’officier dont Jean Marie avait été l’ordonnance pendant la guerre. D’après lui il était également le parrain d’une de ses soeurs cadettes. A l’époque je note l’information dans mon cahier et …  je passe à autre chose sans savoir que j’étais au début d’une enquête généalogique passionnante.

Dans les années qui suivent, lorsque j’ai cherché à en savoir plus sur le parcours militaire de Jean Marie, le capitaine VINCE est réapparu au détour de l’historique du 219ème RI. Après quelques recherches (notamment sur la base Léonore, Généanet et généabank) j’ai pu établir le parcours de cet homme si présent dans la vie de Jean Marie.

Léon Paul VINCE, l’homme

Léon Paul VINCE est né le 12 décembre 1864 aux Sables d’Olonne. Il est le fils de Paul Etienne, banquier et de Fanny TOURGOUILLET DU MARTRAY, propriétaire. Il est le cadet d’une fratrie de 5 enfants.

Il s’est marié à Morlaix (29) le 18 mars 1907 avec Marie Marguerite VACHER, fille d’Aimé VACHER, négociant et de Marie Lucie CORBIERE, et soeur du poète Tristan CORBIERE. Les mariés avaient respectivement 43 et 35 ans. De cette union est née Marguerite Amata le 11 septembre 1908. Marguerite épousera Lucien BODET à Roscoff (29) en 1930 auquel elle donnera 3 enfants. Marguerite est dédédée à Paris en 1958.

Léon Paul VINCE décédera à Quimper le 3 janvier 1946 à l’âge de 81 ans.

Léon Paul VINCE, le militaire

tableau honneur.jpg
Source : tableau d’honneur de la Grande Guerre

Après avoir effectué son service militaire au 93 ème régiment d’infanterie de la Roche sur Yon entre 1886 et 1887, le sergent VINCE s’engage dans l’armée pour 5 ans.

Il entre à St Maixent (école militaire d’infanterie) en 1891 dans la promotion St Pétersbourg pour en sortir 1 an plus tard avec le grade de sous lieutenant. Il est alors muté au 147 ème régiment d’infanterie de Sedan où il passe 12 ans, avant sa mutation en tant que capitaine au 118ème régiment d’infanterie de Quimper en 1906. Il est nommé chevalier de la Légion d’Honneur le 30 décembre 1911.

En août 1914, le capitaine VINCE prend le commandement de la 18 ème compagnie du 5 ème bataillon du 318 ème régiment d’infanterie de Quimper. Il fait partie de la dizaine d’officier d’active extraient du 118 ème pour prendre des fonctions d’officier au sein du bataillon de réserve.

Cité à l’ordre de l’armée une première fois en septembre 1914 le capitaine VINCE est plusieurs fois évoqué dans l’historique du 318ème comme un officier de valeur et de courage.

A la dissolution du 318ème RI en 1916, le capitaine VINCE est muté au 219ème où il prend le commandement du 4 ème bataillon le 15 juin.

Adjonction bataillon 219 au 318.png
source : JMO du 219ème RI, côte 26 N 718/6, site MDH

En tant que commandant de bataillon il mènera ses hommes au combat avec bravoure et sera à nouveau cité par 3 fois :

  • le 9 juillet 1916 à l’ordre de la division :
VINCE citation juillet1916
source : JMO du 219ème RI, côte 26 N 718/7,vue 21, site MDH

VINCE citation 091916
source : JMO du 219ème RI, côte 26 N 718/7,vue 117, site MDH

Il quittera son commandement contraint et forcé par la maladie en avril 1917. Après une période de convalescence il rentre à Quimper. En 1920 il devient chef de bataillon au 19ème RI de Brest et est fait officier de la légion d’honneur. On le retrouvera président de l’amicale du 118ème RI en 1938

DSCN2208.jpg
extrait du poème de Pierre Massé en hommage aux soldats du 118ème – AM Quimper

Léon et Jean Marie

Voilà 5 ans que je suis les traces de Léon Paul VINCE et de sa famille. La légende familiale dit que « Jean Marie a été l’ordonnance du Capitaine VINCE » . En l’état actuel de mes recherches rien ne confirme cette hypothèse mais plusieurs éléments me font tout de même penser que c’était effectivement le cas :

  • Etant au service à la mobilisation, Jean Marie aurait du combattre au 118ème RI et non dans le régiment de réserve. Hors l’état major du 318ème à la mobilisation établit la présence du capitaine VINCE comme capitaine de la 18 ème cie du 5ème bataillon. De plus la fiche matricule du capitaine VINCE le situe bien au 118ème à l’arrivée de Jean Marie sous les drapeaux : ils ont donc été en contact avant guerre et ont combattus ensemble.
  • d’après sa fiche matricule, Jean Marie avait un niveau d’instruction correct au moment du recrutement et ses enfants le présentent comme quelqu’un d’intelligent et d’instruit. Ces compétences rendent tout à fait envisageable le fait qu’il ai occupé un tel poste.
  • sur la fiche de la Croix Rouge signalant la disparition de Jean Marie au Chemin des Dames c’est l’adresse personnelle du Commandant VINCE qui est donnée alors que celui ci à été muté et mis en congé en raison d’une maladie contractée en service
  • Jean Marie a demandé à Léon Paul VINCE de devenir le parrain de sa cadette Françoise en 1936.

Tous ces éléments m’amène à penser que le lien fort qui unissait ces 2 hommes n’était pas uniquement lié au respect d’un soldat pour son chef de bataillon : il y avait bien plus que ça !! Espérant retrouver des documents qui confirmerai ou pas cette thèse, j’ai tenté de localiser les descendants du Commandant VINCE mais sans succès : tout porte à croire que la lignée est aujourd’hui éteinte.

J’avoue que la nature des liens qui unissaient Jean Marie et Léon suscite beaucoup d’émotions chez moi : ils sont la preuve (s’il en était besoin) que la guerre, la boue et le sang versé ont construit des liens indéfectibles entre des hommes d’origines et de classe différentes. Ces hommes qui ne se seraient sans doute jamais croisés ou même adressés la parole dans un autre contexte, ont veillés l’un sur l’autre pendant 4 années d’un conflit cruel et sans pitié. Ils ont maintenu ce lien qui les unissaient sans doute jusqu’à leur dernière heure.

PS : si jamais à la lecture de ces quelques lignes de biographie vous vous dites « Mais je le connais ce Léon (ou sa famille je ne suis pas sectaire 😉 ) !!! Surtout n’hésitez plus et contactez moi !

Sources : base Léonore, base RECIF du CGF,  SHD Pau, site Mémoire de Hommes, Archives Municipales de Quimper

Une mention spéciale au personnel des archives municipales de Quimper pour leur disponibilité et leur aide si précieuse.

EDIT DE NOVEMBRE 2019 : J’ai retrouvé la petite fille de Léon VINCE !!! C’est pour moi une émotion immense… Nous n’avons pas encore discuté mais ce sera bientôt chose faite. Peut être le thème d’un prochain article ?!

 

5 réflexions sur “Sur les traces de Léon Paul VINCE

  1. Pingback: Sur leurs traces … en 2019 – Sur leurs traces ….

  2. Pingback: Sur leurs traces en 2020 – Sur leurs traces ….

  3. Pingback: La lettre à Marie Yvonne – Sur leurs traces …

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s